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L’évolution de l’étanchéité : Pourquoi nos maisons ne sont pas « Moins bonnes », mais mieux conçues

  • Photo du rédacteur: Jérémie Houle
    Jérémie Houle
  • 26 mars
  • 3 min de lecture

Une question revient souvent dans l’actualité : les maisons neuves sont-elles de moins bonne qualité qu’autrefois ? Bien qu'il n'y ait pas de réponse catégorique, les indicateurs et les données démontrent de façon générale une amélioration de la qualité de la construction au Québec. Pour comprendre cette évolution, il faut s'attarder à la façon dont nous avons appris à isoler et à ventiler nos demeures.

Un siècle de changements techniques

1940 – 1960 : Les maisons « passoires »

À cette époque, l’isolation était minimale et l’enveloppe des maisons très perméable. La ventilation se faisait naturellement par les fuites d'air. Si cela évitait certains problèmes d'humidité interne, cela entraînait des pertes de chaleur massives et une forte condensation sur les fenêtres simples.

1970 : L’arrivée de l’étanchéité

La crise énergétique du début des années 70 a forcé l'industrie à réduire les fuites d'air. On a alors introduit des matériaux plus étanches comme le polyéthylène (pare-vapeur) et l’OSB. Toutefois, cette transition a causé de nouveaux problèmes, comme l'apparition de givre dans les greniers en raison d'une mauvaise gestion de l'humidité.

1980 – 1990 : Le tournant critique

C'est durant les années 1980 que les maisons sont devenues réellement trop étanches. Les nouvelles méthodes de construction ont rendu les habitations si bien calfeutrées que le Code national du bâtiment (CNB) a dû imposer une ventilation mécanique dès 1980 pour les maisons chauffées à l'électricité, puis l'étendre à toutes les habitations en 1985.

Le manque de ventilation adéquate à cette époque a causé des défaillances majeures : l'humidité emprisonnée provoquait de la condensation interne et la pourriture des murs. Ce n'est qu'au cours des années 1990 qu'on a pleinement compris la nécessité des VRC (ventilateurs récupérateurs de chaleur) pour assurer la qualité de l'air et éviter les moisissures.

De 2000 à aujourd'hui

Depuis 2012, le Québec impose des règles strictes d'efficacité énergétique. La ventilation mécanique est désormais obligatoire et, depuis 2020, les VRC sont requis dans toutes les nouvelles habitations de trois étages et moins. Si ces maisons sont plus complexes, elles sont aussi beaucoup plus performantes.

Une surveillance accrue pour garantir la qualité

Pour contrer le sentiment que la qualité baisse, des actions concrètes sont déployées sur le terrain :

  • Inspections multipliées : La Garantie de construction résidentielle (GCR) augmente graduellement ses interventions pour atteindre trois inspections par habitation neuve.

  • Voir derrière les murs : Une inspection obligatoire avant la fermeture des murs (avant la pose du gypse) est mise en place pour valider la structure, l'isolation et le pare-vapeur.

  • Nouvel encadrement : Le gouvernement prépare une réglementation sur la surveillance des travaux pour les bâtiments qui n'étaient pas couverts par la GCR jusqu'ici.

La responsabilité du consommateur

Le futur propriétaire joue également un rôle clé dans la qualité de son investissement. Il est fortement recommandé de :

  1. Vérifier l'entrepreneur : Consulter le répertoire de la GCR pour vérifier les accréditations et l'historique de non-conformités.

  2. L'inspection pré-réception : Embaucher un professionnel indépendant pour la remise des clés. Cet investissement de quelques centaines de dollars peut prévenir des problèmes majeurs sur une propriété valant plusieurs centaines de milliers de dollars.

 

En réalité, la maison québécoise moderne n’est pas “moins bonne” : elle est devenue un système technique complexe, où l’étanchéité, l’isolation et la ventilation doivent être pensées ensemble. Lorsque ces éléments sont bien conçus et bien exécutés, les performances dépassent largement celles des constructions d’autrefois, tant sur le plan du confort que de la durabilité.

C’est précisément là que le débat naît… et que trop de mythes persistent. Sans expertise pour comparer des méthodes de construction, des matériaux et des systèmes mécaniques, il devient facile de tirer des conclusions erronées sur la qualité des maisons d’aujourd’hui.

Le rôle d’un estimateur indépendant comme JH Estimation va bien au-delà des chiffres. Nous analysons les choix techniques, les impacts réels sur la performance du bâtiment et les compromis budgétaires afin de transformer un budget donné en un projet cohérent, durable et bien conçu. Un projet bien préparé en amont permet non seulement d’éviter des erreurs coûteuses, mais aussi d’obtenir une qualité souvent nettement supérieure à celle des générations précédentes — autant en durée de vie qu’en efficacité énergétique et en fiabilité des systèmes mécaniques.

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Sources consultées

  • Garantie de construction résidentielle (GCR) : Vidéo « La qualité de la construction est-elle en baisse ? ».

  • Code national du bâtiment (CNB) : Historique des normes d'étanchéisation et de ventilation (1980, 1985, 1990, 2012).

  • Écohabitation : Évolution des matériaux et gestion de l'humidité.

  • Airgreen : Études sur l'importance des VRC et la qualité de l'air intérieur.

  • INSPQ : Normes de santé liées à la ventilation et l'efficacité énergétique.

  • CMMTQ : Réglementation sur l'obligation des VRC (2020+).

 
 
 

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